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Affichage des articles du avril, 2020

Les catégories mouvantes du rationnel et de l'irrationnel

Les catégories mouvantes du rationnel et de l'irrationnel Cela fait un moment que le doute s'insinue. Certains d'entre nous dont je fais partie se sont construits en solide opposition à toute religiosité, mystique, populisme,  simplification, pensée magique. Politiquement, ils sont solidement démocrates. Ils ont sagement tirés les conséquences de l'histoire en considérant que notre système économique à condition d'être corrigé par une politique sociale constituerait jusqu'à aujourd'hui la moins pire des formules. S'ils sont français, ils ont appris à penser de manière rationnelle en 3 parties : introduction : problématique, annonce du plan en 3 parties, développement puis conclusion. A être sensible à la conviction plutôt qu'à la persuasion. Ils refusent les extrêmes et les séductions de la facilité. Ils croient à la science et au progrès. Ils ont relégué la part de folie luxuriante et exubérante de notre être au rêve, à l'art, à la littérat...

L'épuisement des mères de famille

L’épuisement des mères de famille La pause actuelle me fait comprendre à quel point ma vie,   comme celle de beaucoup de mères de famille, est une course folle, à laquelle ce confinement vient brusquement mettre un frein, nous projetant contre le mur de folie hystérique de la vie des femmes et des injonctions   sociales qui leur sont infligées. Sachant que je fais partie des privilégiés, que j’ai une grande maison et deux enfants sur trois qui sont autonomes, sachant que je ne suis ni mère célibataire, ni survivante payée au   SMIC, ni travaillant avec des horaires décalés, situations parfois cumulées qui augmentent singulièrement l’épuisement des mères de famille. Ma journée ordinaire est prise entre les grosses griffes de deux impératifs horaires : l’entrée et la sortie des classes. Certes mon compagnon est censé faire la conduite du matin mais dans les faits, il voyage énormément pour son travail donc c’est une tache qui m’échoit souvent. Perme...

Le temps pour la nostalgie

Le temps pour la nostalgie Nous avons tant voyagé et qu’en avons-nous gardé ? Depuis 20 ans, nous courons le monde, d’expatriation en expatriation. Il faut repartir tous les trois ans. La première année est marquée par la stupeur de la découverte. Apprendre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Apprendre les rudiments de la langue pour être capable de demander où se trouvent les magasins d’alimentation. Je me souviens qu’à Rome, nous avons dû attendre la rentrée du lycée Chateaubriand et la rencontre avec les français de l’école pour dénicher le supermarché du quartier. Rome est pudique, elle cache ses enseignes, parfois en sous-sol. Où acheter les choses est différent dans chaque pays et chaque pays a ses évidences. Internet, les forfaits téléphones, l'électricité. A Zagreb, j’avais fini par trouver où acheter des cartouches d’encre pour l’imprimante, lieu qui me semblait totalement incongru, à tel point que je ne l’ai pas retenu (peut-être avec le tabac), j’en avai...

L'école à la maison avec Elisa

L’école à la maison avec Elisa Je ne sais plus d’où me vient cette phrase que je restitue de mémoire « Pour le jeune enfant, la relation humaine ne se réalise que dans l’incarnation. » Cela explique la répugnance des jeunes enfants à parler au téléphone lors d’une séparation avec un parent, ou même par écran interposé. C’est tout le travail de l’apprentissage de l’écrit de médiatiser la parole, dans le temps et l’espace et de coucher en signes graphiques le jet spontané du son articulé. Aujourd’hui, nous faisons l’école à la maison. Notre fille Elisa est en CE1. Qu’est-ce que l’école pour elle ? Ce n’est pas l’Apprentissage, le Savoir, l’école c’est d’abord un lieu, une cour, des murs renfermant des couloirs, des classes, la cantine. Ce sont aussi des corps, des voix, ceux des enseignants, en particulier ceux des deux maîtresses très respectées et aimées, ceux des animateurs, et ceux, petits, semblables, des camarades de cour et de classe. Il lui faut, pour a...